LES CONGRES DU PARTI SOCIALISTE

Cette synthèse des congrès du Parti Socialiste, depuis 1905, a été rédigée par Frédéric Faravel, que nous tenons particulièrement à remercier. Nous en profitons pour rappeler l'adresse de son blog résistance(s)


En un siècle d'existence, depuis l'unité de 1905, l'un des points essentiels du mode de fonctionnement du parti des socialistes n'a pas varié. Aujourd'hui comme hier, "la direction du Parti appartient au Parti lui- même, c'est-à-dire au congrès national..." (Article 20 des statuts de 1905 ; article 6-1 des statuts actuels). Nous vous proposons ici une histoire du Parti socialiste à travers ses congrès. Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter Recherche socialiste n°12, octobre 2000.

Frédéric Faravel, Délégué fédéral à l'Histoire du Parti.

LES CONGRES DE LA SECTION FRANCAISE

DE L'INTERNATIONALE SOCIALISTE (SFIO)

DE LA DISCUSSION JAILLIT LA LUMIERE: JAURES ET GUESDE, LA 1ère UNITE

1905-1918: secrétaire général: Louis Dubreuilh

Congrès d'unité, 23-25 avril 1905, Paris, Salle du globe.

Déclaration de principes, statuts. Longtemps éparpillés entre différents partis (Parti ouvrier français puis, en 1901, Parti socialiste de France pour les guesdistes rejoints par les vaillantistes..., Parti socialiste français qui regroupe depuis 1902 les allemanistes du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire, les broussistes de la Fédération socialiste de France et les socialistes indépendants comme Jaurès ou Viviani), les socialistes, à l'exception des participationnistes (Briand, Viviani) s'unissent enfin. Louis Dubreuilh est désigné secrétaire général.

2e congrès national, 29 octobre-ler novembre 1905, Chalon-sur-Saône

Tactique électorale du Parti, élections sénatoriales et législatives de 1906, journée de huit heures

3e congrès national, ler-4 novembre 1906, Limoges

Le Parti socialiste et les syndicats, le scrutin de liste et la proportionnelle, le vote des femmes, le militarisme et la guerre, le socialisme et la patrie la franc-maçonnerie et le Parti, presse du Parti.

4e congrès national, 11-14 août 1907, Nancy

Militarisme et conflits internationaux, politique coloniale, le Parti socialiste et les syndicats, la proportionnelle. Ce congrès adopte définitivement la représentation proportionnelle des courants comme mode de désignation des délégués à tous les échelons de l'organisation.

5e congrès national, 15-18 octobre 1908, Toulouse

Action générale du Parti, les buts du Parti socialiste. Grand débat (réforme et révolution) entre Jaurès et Guesde (qui, malade, est remplacé par Bracke). Ce congrès, qui se termine par une motion de synthèse, consacre Jaurès comme leader de la SFIO).

6e congrès national, 11-14 avril 1909, Saint-Etienne

La question agraire, préparation de la campagne électorale

7e congrès national, 6-9 février 1910, Nîmes

La question agraire, les élections générales, la coopération et le socialisme, l'arbitrage international et le désarmement, les retraites ouvrières, la tactique électorale.

Congrès national extraordinaire, 15-16 Juillet 1910, Paris.

Deuxième session du 7ème Congrès national : arbitrage international et désarmement, la coopération et le socialisme.

8e congrès national, 16-19 avril 1911, Saint Quentin

Rapport du groupe parlementaire, tactique électorale, programme municipal, élections municipales, rapports entre le Parti et l’Humanité. L’Humanité devient l’organe officiel du PS-SFIO.

Congrès national extraordinaire, ler-2 novembre 191 1. Paris.

Deuxième session du 8ème congrès. Statuts.

9e congrès national, 18-21 février 1912, Lyon

Nationalisations, socialisme et franc-maçonnerie, laïcité.

Congrès national extraordinaire, 21 novembre 1912, Paris.

Lutte contre la guerre.

10e congrès national, 23-24 mars 1913, Brest

La Loi de 3 ans et l'armement.

Conseil national avant pouvoir de congrès, 13 Juillet 1913.

Statuts, réorganisation des organismes centraux.

11e congrès national, 25-28 janvier 1914, Amiens

Tactique électorale.

Congrès national extraordinaire : 15-17 juillet 1914, Paris.

Chômage, vie chère, grève générale contre la guerre ? Après l'assassinat de Jaurès, et l'entrée en guerre, le 2 août 1914, le groupe parlementaire, la commission administrative permanente du Parti et le conseil d'administration de l'Humanité, rendent public un manifeste dans lequel ils acceptent "l'Union Sacrée" proposée par René Viviani, président du Conseil. Jules Guesde (ministre d'État sans portefeuille) et Marcel Sembat (Travaux publics) entrent au gouvernement. Albert Thomas les rejoindra le 22 mai 1915, comme sous-secrétaire d'Etat aux munitions.

12e congrès national, 25-29 décembre 1915, Paris

Défense nationale, reprise de contact avec la social-démocratie allemande, vie chère.

13e congrès national, 24-29 décembre 1916, Paris

La paix, la politique générale et la participation ministérielle. Au conseil national d'août, la majorité repousse "le dangereux divisionnisme de Zimmerwald et de Kienthal" (localités suisses où se sont rencontrés les socialistes provenant de divers pays belligérants et hostiles à la guerre). Le 12 décembre 1916, Sembat et Guesde quittent le gouvernement dirigé par Briand. Au congrès national, Albert Thomas n'est "autorisé" à continuer sa collaboration au gouvernement, sous la responsabilité de la CAP, que par 1637 mandats contre 1372 (cette participation cessera le 8 septembre 1917, avec la démission du cabinet Ribot). Les majoritaires, conduits par Pierre Renaudel obtiennent 53% des mandats, les minoritaires autour de Jean Longuet (37%) et les zimmerwaldiens avec Fernand Loriot (8%) se renforcent.

14e congrès national, 6-9 octobre 1917, Bordeaux

Défense nationale, politique internationale et politique intérieure,

15e congrès national, 6-10 octobre 1918, Paris

Question de l'internationale, condamnation de la participation ministérielle. La réunion du Conseil national de juillet 1918 marque la victoire des minoritaires et des zimmerwaldiens. "Minorité hier, la voici dorénavant la majorité ; la motion Jean Longuet, faisant des réserves sur la défense nationale et réclamant une conférence internationale, triomphe avec 1544 mandats d'une motion dite majoritaire de Renaudel, laquelle n'obtient que 1172 voix. Encore faut-il ajouter aux 1544 voix de la motion Longuet les 152 voix qui sont allées à une motion spécifiquement zimmerwaldienne déposée par Loriot." (Alexandre Zévaes)

Au Congrès national d'octobre, la victoire des ex-minoritaires se confirme : Frossard succède à Dubreuilh au secrétariat général du Parti et Marcel Cachin remplace à la direction de l'Humanité Pierre Renaudel qui, à la mort de Jean Jaurès, avait succédé à celui-ci.

VERS LA SCISSION

1918-1920: secrétaire général : Ludovic-Oscar Frossard

Congrès national extraordinaire, 20-21 avril 1919, Paris.

Question de l'adhésion à la nouvelle Internationale, programme économique du Parti, condamnation de la politique d'union nationale, tactique électorale. Le programme du Parti est élaboré par Léon Blum qui fait là sa première intervention à la tribune d'un congrès.

16e congrès national, 11-13 septembre 1919, Paris

Elections législatives, tactique électorale.

17e congrès national, 25-29 février 1920, Strasbourg

Défense nationale et participation ministérielle.

La question de l'adhésion à la Ille Internationale est repoussée à un prochain congrès.

18e congrès national, 25-30 décembre 1920, Tours.

Question de l'adhésion à la IIIème Internationale. Célèbre discours de Léon Blum (à lire absolument). Pour la IIIe Internationale: 3208 mandats. Pour la motion Longuet: 1022. Pour la motion Leroy : 44. Pour la motion Pressemane: 60. Abstentions: 397. Absents: 32. Les majoritaires (Cachin, Frossard, Loriot...) fondent la Section Française de l'Internationale Communiste, bientôt "Parti communiste". Dans un manifeste rédigé à Tours, et publié le 1er janvier 1921 dans Le Populaire, les minoritaires (Blum, Longuet, Bracke, Guesde, ...) expliquent leur refus de l'adhésion à la Troisième Internationale, leur volonté de garder la "vieille maison" et de continuer le Parti Socialiste/SFIO. Paul Faure est désigné comme secrétaire général.

LA SFIO FACE AUX PERILS: DE LA "VIEILLE MAISON" AU FRONT POPULAIRE AVEC LEON BLUM

1921-1940: secrétaire général: Paul Faure

19e congrès national, 29 octobre-ler novembre 1921, Paris

L'Internationale, politique intérieure, tactique électorale ...

20e congrès national, 3-6 février 1923, Lille

Situation intérieure, politique internationale, question de la Ruhr, Front unique avec les communistes.

21e congrès national, 30 janvier-3 février 1924, Marseille

Programme et tactique électorale.

Congrès national extraordinaire, 1er-2 juin 1924, Paris.

Situation politique.

Après la victoire du Cartel des gauches (alliance des radicaux, des socialistes et des socialistes indépendants) le 11 mai 1924, le Parti réclame la démission de Millerand de la présidence de la République. Il refuse la participation au gouvernement Herriot.

22e congrès national, 8-12 février 1925, Grenoble

Le Populaire, élections municipales, réforme électorale, situation économique internationale.

Congrès national extraordinaire, 10-11 Janvier 1926, " La Bellevilloise ", Paris

La question de la participation au Cabinet. Léon Blum élabore sa fameuse distinction entre "exercice" et "conquête" du pouvoir.

23e congrès national, 23-26 mai 1926, Clermont-Ferrand

Socialisme et question coloniale, quotidien du Parti, réorganisation des Jeunesses Socialistes, discipline du groupe parlementaire (animé par Blum).

24e congrès national, 17-20 avril 1927, Lyon

Rapports socialistes-communistes, défense nationale, socialisme et bolchevisme, socialisme et radicalisme.

Congrès national extraordinaire, 26-27 décembre 1927, Paris.

Tactique électorale.

25e congrès national, 26-29 mai 1928, Toulouse

Situation politique et attitude du Parti, politique générale.

26e congrès national, 9-12juin 1929, Nancy

Ecole et laïcité, révision des statuts, assurances sociales, émancipation de la femme, groupe parlementaire. Congrès extraordinaire, 25-26 janvier 1930, Paris. Participation ministérielle.

27e congrès national, 8-1 1 juin 1930, Bordeaux

Question agraire, programme général.

28e congrès national, 24-27 mai 1931, Tours

Défense nationale, désarmement, paix, organisation des Femmes socialistes,

Congrès national extraordinaire, 30 janvier 1932, Paris.

Plate-forme électorale, la guerre en Extrême-Orient.

29e congrès national, 29 mai – 1er juin 1932, Paris

Groupe parlementaire et participation ministérielle. Alors que la gauche vient de gagner les élections (Herriot président du Conseil), ce congrès adopte les "cahiers de Huyghens" qui fixent les "conditions programmatiques" d'une participation ministérielle socialiste qui est refusée à Edouard Herriot mais dont le principe n'est donc plus rejeté.

Congrès national extraordinaire, 16-1 7 avril 1933, Avignon.

Rapport du groupe parlementaire et action générale du Parti.

30e congrès national, 14-17 juillet 1933, Paris

Attitude et indisciplines du groupe parlementaire. Une partie des "participationnistes", les Néos, (Renaudel, Déat, ...), majoritaires au groupe socialiste, refuse la discipline du Parti. Au congrès de juillet, Léon Blum se déclare "épouvanté" par les propos d'Adrien Marquet sur l'ordre, l'autorité et la Nation.

Conseil national, 4-5 novembre 1933

Lutte contre le fascisme, indisciplines parlementaires. Depuis des mois la question de la participation gouvernementale divise les socialistes. Les "néos" qui refusent de s'incliner devant les décisions du congrès relatives à la discipline de vote au groupe parlementaire (et qui déclarent vouloir voter le budget à la Chambre) organisent une manifestation publique à Angoulême contre la politique du Parti. Le conseil national, à une écrasante majorité, exclut Marcel Déat, Adrien Marquet, Pierre Renaudel et leurs amis, et adresse un dernier avertissement aux élus indisciplinés. La scission est consommée. Les Néos fondent le Parti socialiste de France.

31e congrès national, 20-23 mai 1934, Toulouse

Programme d'action du Parti, la lutte contre le fascisme, les rapports avec le PC, le Plan.

32e congrès national, 9-12 juin 1935, Mulhouse

Lutte pour la prise du pouvoir et contre la crise, problème de l'unité, participation éventuelle au gouvernement, représentation proportionnelle, suffrage féminin, école laïque.

Congrès national extraordinaire, 28-29 septembre 1935, Limoges

Questions agricoles : déclaration "Aux travailleurs de la terre".

Conseil national, 16-1 7 novembre 1935.

Révision des statuts des Jeunesses Socialistes, exclusion des "trotskystes" (courant autoproclamé bolchevik léniniste).

Congrès national extraordinaire, ler-2 février 1936, Boulogne-Billancourt.

Tactique électorale.

Conseil national, 10 mai 1936.

Situation politique. Après la victoire électorale de la coalition de Front populaire, le Parti revendique la mission de constituer le gouvernement. Bracke s'écrie : "Enfin les difficultés commencent pour nous !"

33e congrès national, 30 mai -1er juin 1936, Paris, Salle Huyghens

Problème colonial (Algérie, Tunisie, Maroc, protectorats), situation politique.

Conseil national, 22 juin 1937.

Démission du gouvernement de Front populaire, participation au gouvernement Chautemps,

34e congrès national, 10-13 juillet 1937, Marseille

Politique algérienne et question indigène, politique financière du gouvernement, laïcité, Affaire d'Espagne, politique générale.

35e congrès national, 4-7 juin 1938, Royan

Les incidents de la Seine et la discipline du Parti, travailleurs immigrés, politique agricole, politique générale. En mars 1938, la fédération de la Seine est dissoute pour avoir organisé une manifestation contre la participation ministérielle et la politique d’Union nationale préconisée par Léon Blum comme réplique à l'Anschluss. Par 4904 voix contre 3033 (292 abstentions et 78 absents) le congrès approuve les décisions de la direction du Parti. Marceau Pivert fait scission et fonde le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP).

Congrès national extraordinaire, 24-26 décembre 1938, Montrouge,

Le problème de la paix et de la politique de paix du Parti. En fait, au lendemain de Munich, c'est la question de la guerre qui est posée.

36e congrès national, 27-30 mai 1939, Nantes, Salle du Champs de Mars

Représentation proportionnelle, le problème Nord-africain, laïcité, politique extérieure. Face à la montée des risques de guerre, les divisions entre "bellicistes" (Blum, Zyromski...) et pacifistes (Paul Faure) mettent la SFIO au bord de l'éclatement. Pour la 1ère fois depuis 1920, Léon Blum (60 %) et Paul Faure (39%) s'opposent ouvertement. Une motion de synthèse est pourtant votée.

Conseil national, 12 mai 1940.

Application des résolutions du Parti en cas de proposition de participation ministérielle.

Le 10 juillet 1940, la majorité des parlementaires socialistes vote les pleins pouvoirs à Pétain. 36 socialistes (dont Blum, Moch, Tanguy-Prigent, Mairoux ... ) sont parmi les 80 qui votent non. La SFIO implose.

La résistance socialiste va s'organiser dès l'automne 1940 (réseau du Musée de l'Homme, Libération-Nord), puis se structurer autour de Daniel Mayer. Celui-ci, d'abord secrétaire du CAS (Comité d'action socialiste, zone sud) devient secrétaire général du Parti socialiste clandestin à partir de 1943. A Londres, Pierre Brossolette et André Philip secondent le général de Gaulle, tandis que de nombreux socialistes meurent au maquis (Jean Prévost) ou en déportation (Suzanne Buisson)

DE LA RESISTANCE A LA NORMALISATION

1944-1946 - secrétaire général , Daniel Mayer

Congrès national extraordinaire des cadres des fédérations socialistes reconstituées dans la Résistance, 9-12 novembre 1944, Paris

Statuts, laïcité, politique coloniale, action agricole, épuration du Parti, (manifeste du PS au peuple de France). Unanimité sur la réorganisation du Parti : la représentation proportionnelle des tendances est abandonnée. Le comité directeur remplace la CAP, le pouvoir de la direction du Parti est renforcé. Daniel Mayer est confirmé dans ses fonctions. Il reste secrétaire général jusqu'en 1946.

37e congrès national, 11-15 août, Paris

Unité d'action avec le PC, rapports avec les mouvements de résistance, situation politique intérieure, laïcité, appel au pays. Léon Blum, revenu de captivité, pose les principes du renouveau socialiste, en soulignant la dimension humaniste de l'idéal socialiste.

Assemblée nationale du Parti, 24 février 1946, avant pouvoir de congrès.

Révision des statuts, déclaration de principes. La déclaration de principes, rédigée par Blum, et les statuts du Parti sont définitivement adoptés (suppression des tendances).

38e congrès national, 29 août-1er septembre 1946, Paris

Vote sur le rapport moral, résolution de politique générale, Affaires algériennes. Les socialistes sont les pivots du tripartisme (alliance PC-SFIO-MRP) depuis le départ de De Gaulle en janvier 1946. L'un des leurs, Félix Gouin, dirige le gouvernement mais on leur impute les problèmes liés à la reconstruction. Sur fond de résultats électoraux décevants et de repli militant, le rapport moral présenté par Daniel Mayer au nom de la direction du Parti, et soutenu par Léon Blum, est repoussé par 2975 mandats contre 1365 et 145 abstentions. Pourtant, après la réunion de la commission des résolutions, la résolution de politique générale, rapportée par Jules Moch, est adoptée à l'unanimité. Léon Blum prononce son dernier discours à la tribune d'un congrès socialiste. Le comité directeur, profondément remanié, élit Guy Mollet secrétaire général, le 4 septembre 1946.

L'Effondrement CONTINU DE LA SFIO

1946-1969: secrétaire général: Guy Mollet

Conseil national, 6 mai 1947.

Situation politique et problème gouvernemental. Après le départ des ministres communistes, le CN se prononce pour le maintien de Paul Ramadier à la tête du gouvernement, contre l'avis du comité directeur.

39e congrès national, 14-17 août 1947, Lyon

Union française, Maroc, Tunisie, programme économique. Après la démission de Ramadier, et la nomination du MRP Robert Schuman en novembre, la politique de Troisième force (alliance avec le MRP et les centristes contre le double danger gaulliste et communiste) est approuvée par le Parti.

40e congrès national, ler-4juillet 1948, Paris

Laïcité, Union française, nationalisations, politique économique.

41e congrès national, 15-18juillet 1949, Paris

Modifications des statuts, parlementaires exclus par le vote du 1 0 juillet 1940, laïcité, Union française

Congrès national extraordinaire: 13-14 décembre 1949, Paris

Rapports groupe parlementaire-comité directeur.

42e congrès national, 26-29 mai 1950, Paris

Politique internationale, laïcité, Union française, Maroc, Tunisie.

43e congrès national, 12-15 mai 1951, Paris

Politique internationale, Union française, manifeste au Pays, tactique électorale.

Congrès national extraordinaire, 4-5 juillet 1951, Paris.

Laïcité.

44e congrès national, 23-25 mai 1952, Montrouge

Politique économique et financière, Communauté européenne de défense (CED), rapports groupe parlementaire-comité directeur, agriculture, rapports avec les organisations syndicales, laïcité.

45e congrès national, 2-5 juillet 1953, Asnières-sur-Seine

Appel pour un Front démocratique et social, politique agricole, CED, Outre-Mer.

Congrès national extraordinaire, 29-30 mai 1954, Puteaux.

CED. Discipline de vote.

46e congrès national, 1er-4 juillet 1954, Asnières

CED, unité et discipline de vote, Tunisie, Maroc. Malgré les efforts de la direction du Parti, la moitié des députés socialistes votent contre la CED, entraînant son échec (30 août 1954).

Congrès extraordinaire, 10-11 novembre 1954, Suresnes.

Ratification des accords de Londres et de Paris.

Le Parti se prononce pour le soutien - sans participation - au gouvernement de Pierre Mendès France.

Congrès national extraordinaire, 5-6 février 1955, Puteaux.

Evénements du Sénégal, presse socialiste, amnistie pour les indisciplines lors du vote sur la CED.

47e congrès national, 30 juin-3 juillet 1955, Asnières

Programme du Parti, amnistie des indisciplines lors du vote de la CED.

Congrès national extraordinaire, 14-15 janvier 1956, Puteaux

Situation politique. Après le succès de la coalition de Front Républicain (Radicaux/Mendès-France, UDSR/Mitterrand, SFIO) aux législatives, les socialistes revendiquent la direction du gouvernement. Guy Mollet est appelée à la présidence du conseil.

48e congrès national, 28 juin -1er Juillet 1956, Lille

Algérie, confiance au gouvernement.

Conseil national, 3 juin 1957

Situation politique. Le 21 mai 1957, le gouvernement Guy Mollet chute sur les projets financiers.

49e congrès national, 27-30juin 1957, Toulouse

Politique économique et sociale, Outre-mer, Algérie. Conférence nationale d'information, 6 juillet 1958.

Evénements de mai et juin 1958. D'abord uni dans un réflexe de "défense républicaine" (participation au gouvernement Pflimlin), la SFIO se rallie au général de Gaulle. Guy Mollet est ministre d'État.

50e congrès national, 11-14 septembre 1958, Issy-les-moulineaux

Algérie, référendum sur la constitution. En opposition depuis 1956 avec la majorité du parti sur le règlement de la « question » algérienne et refusant de céder devant ce qu’ils estiment être un coup de force du général De Gaulle, les « minoritaires », autour de Daniel Mayer, Edouard Depreux, Alain Savary quittent la SFIO et fondent le Parti Socialiste Autonome, qui sera une des formations constitutives du PSU (Parti Socialiste Unifié). Comme François Mitterrand et Mendès-France, ils font campagne contre le projet de constitution de la Cinquième République proposée par De Gaulle et soutenu par la majorité de la SFIO.

51e congrès national, 9-12juillet 1959, Puteaux

Algérie, laïcité, information, politique internationale.

52e congrès national 30 juin-3 juillet 1960, Issy-les-Moulineaux

Laïcité, agriculture, politique internationale, Algérie.

Congrès national extraordinaire, 21-22 décembre 1960.

Loi électorale, référendum.

53e congrès national, 18-21 mai 1961, Issy-les-Moulineaux

Modification des statuts, institutions, Algérie. Le congrès national se tiendra désormais tous les deux ans et la "minorité" obtient une garantie de représentation.

Conseil national, 24 mars 1962.

Algérie, référendum sur les Accords d'Evian. La SFIO fait campagne pour le OUI.

Conseil national extraordinaire, 7 octobre 1962.

Motion de censure, référendum sur l'élection du président de la République au suffrage universel. Défaite du "Cartel des Non".

54e congrès national, 30 mai-2 juin 1963, Issy-les-Moulineaux

Présidentielle, tactique du Parti, structures et programme du Parti.

Congrès national extraordinaire, ler-2 février 1964.

Elections à la présidence de la République, élections cantonales.

55e congrès national, 3-6 juin 1965, Clichy

Projet de Fédération démocrate-socialiste (FDS), élection présidentielle.

Conseil national, 30 octobre 1965.

Election présidentielle, Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), Marché commun. À l'élection présidentielle, François Mitterrand, candidat unique de la gauche, réussit à mettre le général de Gaulle en ballottage (décembre 1965).

Congrès national extraordinaire, 29-30 octobre 1966, Suresnes

Vie de la FGDS.

56e congrès national, 29 juin-2 juillet 1967, Suresnes

Politique internationale, FGDS, relations avec le PCF.

Congrès national extraordinaire, 27-28 Janvier 1968.

FGDS, déclaration de principes, structures du nouveau Parti.

Congrès national extraordinaire, 20-22 décembre 1968, Puteaux.

Réforme régionale, intervention soviétique en Tchécoslovaquie, Europe, création du nouveau Parti. Guy Mollet annonce qu'il ne sera pas candidat au poste de secrétaire général du nouveau Parti.

LES CONGRES ET CONVENTIONS SOCIALISTES DEPUIS LA REFONDATION DU PARTI SOCIALISTE 1969-1997

DE 1969 A 1981: LA MARCHE AU POUVOIR

Congrès d'Alfortville : 4 mai 1969

Le nouveau Parti socialiste succède à la SFIO lors du congrès constitutif d'Alfortville, le 4 mai 1969. Gaston Defferre est désigné comme candidat à l'élection présidentielle de 1969.

Congrès d’Issy-les-Moulineaux : 11-12 et 13 juillet 1969

Le Nouveau Parti Socialiste est définitivement constitué et Alain Savary en devient le premier secrétaire. La convention des institutions républicaines (CIR) ne participe pas à ce congrès car le nouveau Parti Socialiste, tout en étant favorable à l’union de la gauche, n’est pas prêt à une discussion programmatique avec le PCF. Jean Poperen, qui avait été exclu du PSU, rejoint le nouveau PS.

Congrès d’Epinay : 11-12 et 13 Juin 1971

Ce congrès est celui de l’unification avec la convention des institutions républicaines. Les militants ont eu à choisir entre 17 motions et 6 restent en lice au moment du vote. Après de longues tractations, et des débats passionnés, la coalition Mauroy-Defferre-Mitterrand-CERES (51,26% des mandats) l’emporte sur celle de Savary-Mollet-Poperen (48,73% des mandats). Concernant l’union de la gauche, la première coalition prônait un accord avec le PCF reposant sur l’élaboration d’un programme de gouvernement; c’est aussi un choix tactique qui devait favoriser une dynamique politique au bénéfice des socialistes.

La seconde coalition posait en préalable l'instauration d'un dialogue idéologique avec le PCF. François Mitterrand devient Premier secrétaire grâce au ralliement de la gauche du parti (CFRES) et à l'appui de deux puissantes fédérations: les Bouches-du-Rhône de Gaston Defferre, et le Nord de Pierre Mauroy. Le congrès mandate sa nouvelle direction pour préparer un accord de gouvernement avec le PCF. La motion finale se réfère à la stratégie d'union de la gauche, à la rupture avec le capitalisme et au front de classe des travailleurs. Epinay marque le véritable départ du PS et renoue avec la synthèse traditionnelle du socialisme français : anticapitalisme, confiance dans l'action réformatrice de l’Etat, humanisme ...

Convention de Suresnes: 11 mars 1972

Le PS adopte son programme "changer la vie" qui renouvelle le projet socialiste et lui donne une dimension autogestionnaire (construction du socialisme par l'articulation entre le mouvement "d'en haut" et le mouvement "d'en bas"). Les débats sur les institutions, l'Europe, l'autogestion et le contrôle, le retrait de la France de l'OTAN … sont tranchés par le vote.

SIGNATURE DU PROGRAMME COMMUN 27 juin 1972

Le programme commun de gouvernement entre le PS et le PCF est le premier du genre signé par les deux partis depuis le congrès de Tours. Il sera contresigné par le MRG peu de temps après.

Congrès de Grenoble - 22 au 24 juin 1973

La motion de François Mitterrand obtient à elle seule 65,35 % au vote indicatif (Mitterrand, Mauroy, Savary), le CERES obtenant 21,02 %, la motion Mollet 8 % et la motion Poperen 5 %. Les affrontements sont vifs mais la synthèse est réalisée. Le Premier secrétaire rallie la quasi- unanimité du parti, à l'exception des mollétistes, lors du vote final : sa motion "Pour un socialisme libérateur, un parti socialiste responsable" obtient 92 % des mandats. La ligne d'Epinay est réaffirmée.

Convention extraordinaire de Bagnolet : 15 et 16 décembre 1973

Cette convention débat de la construction européenne. François Mitterrand doit mettre sa démission dans la balance pour obtenir gain de cause : le texte qu’il propose, favorable à la construction européenne, est adopté à l’unanimité.

Convention de Suresnes : 23 et 24 mars 1974

Cette convention est consacrée à la réforme des statuts : création des sections d’entreprise, mode d’élection des dirigeants à la proportionnelle, institution d’un quota féminin (10%)…

Les assises du socialisme : 12 et 13 octobre 1974

Ces assises ont lieu dans la dynamique de l’élection présidentielle de mai 1974, où François Mitterrand a frôlé la victoire. Elles marquent l’ouverture du Parti Socialiste à la majorité de la direction du PSU (Michel Rocard, Robert Chapuis) et à des personnalités de la CFDT (Jacques Chérèque, Pierre Héritier) ainsi qu’à la « troisième composante » (vie nouvelle, GAM, Objectif Socialiste…). Après le congrès d’Epinay, ces assises achèvent, pour l’essentiel, l’unification de la famille socialiste.

Congrès de Pau : 31 janvier-12 février 1975

Le PS se dit prêt à appliquer seul le programme commun, dans le cas d’une rupture de l’union de la gauche à l’initiative du PCF. Le CERES (25% des mandats) entre dans la minorité. La majorité se regroupe ainsi : François Mitterrand, Gaston Deferre, Pierre Mauroy, Michel Rocard, Jean Poperen, Alain Savary. La minorité est dirigée par Jean-Pierre Chevènement et les animateurs du CERES. Il y a donc rupture de la coalition d’épinay. Le « courant des assises » (rocardiens) se compte à l’aide de « l’amendement Martinet » mais il fait le choix de l’intégration dans la majorité. Le Comité Directeur (CD) compte désormais 130 membres. Sont également créés des postes de délégués nationaux pour seconder les secrétaires nationaux.

Convention nationale sur l’autogestion : 3 et 4 mai 1975

Les 15 thèses pour l’autogestion, élaborées au sein d’une commission de travail, sont adoptées à l’unanimité par la convention. La convention ne reprend pas l’amendement additionnel (16e thèse) présenté par le CERES sur « l’initiative autonome des masses ». Ces 15 thèses tournent autour de l’articulation du « mouvement d’en haut » et du « mouvement d’en bas »

Congrès extraordinaire de Dijon : 14 et 15 mai 1976

Ce congrès extraordinaire a pour objet les relations PS/PCF dans la perspective des élections municipales de mars 1977. Il prévoit le principe de l’union de la gauche, sauf dans quelques situations particulières en cas d’exigences excessives du PCF. Il y a donc un rejet des alliances de « troisième force », encore en vigueur dans 2/3 des villes lors des élections municipales de 1971.

Congrès de Nantes : 17 et 18 juin 1977

Celui-ci voit une discussion sur les modalités de l'exercice du pouvoir (débat lancé par Michel Rocard sur les "deux cultures" qui traversent la gauche française, les rapports plan 1 marché, l'autogestion). La majorité sort renforcée sur la ligne de la réaffirmation de l'union de la gauche. La motion Mitterrand obtient plus de 75 % des voix. Le CEPES reste dans la minorité sur la base d'orientations radicales : rupture avec le capitalisme lien 1 00 jours", nationalisations étendues, hausse importante du SMIC   ...

Congrès de Metz : 6-8 avril 1979

L'enjeu de ce congrès est double : le choix du candidat à la prochaine élection présidentielle et la ligne politique. Parmi les points de débats : la conception de l'alliance avec les communistes après la rupture de 1977 (Pierre Mauroy et Michel Rocard défendent une démarche plus autonome pour le Parti socialiste), l'évaluation du rôle du marché et des mécanismes de régulation économique, le degré de rupture avec l'ordre économique. Lors du vote final au congrès, la motion Mitterrand obtient 46,99 %, la motion Rocard 21,26 %, la motion Mauroy, 16,01 %, le CERES 14,4 %. Une première synthèse est réalisée au congrès entre les motions Mitterrand et Defferre qui atteignent presque la majorité absolue ; le CERES rejoint la synthèse après le congrès pour former avec Mitterrand la majorité du parti. Les courants Rocard et Mauroy constituent désormais la minorité.

Convention nationale d’Alfortville : 12-13 Janvier 1980

Adoption du "projet socialiste" pour les années 80. Divisé en trois parties - comprendre, vouloir, agir - le Projet socialiste doit orienter l'action des socialistes pour les  années 80. Rupture avec le capitalisme et stratégie d'union de la gauche, volonté de s'affranchir de la logique du marché et des contraintes extérieures, affirmation de la souveraineté nationale face au      processus d'intégration européenne et à la puissance américaine, le texte soumis aux militants est marqué     par le volontarisme politique et économique. Tous les dirigeants s'y rallient à l'exception de Jacques Delors ; il réunit 96 % des suffrages.

DE 1981 A 1988 . LE PREMIER SEPTENNAT

Congrès extraordinaire de Créteil : 24 janvier 1981

François Mitterrand est désigné à l'unanimité comme candidat à l'élection présidentielle. Lionel Jospin devient Premier secrétaire du Parti socialiste. Ratification des 110 propositions du candidat, inspirées du projet socialiste.

Congrès de Valence: 23 au 25 octobre 1981

Motion unanime présentée par le nouveau Premier secrétaire. Débat autour du rôle du parti dans le changement, ainsi que sur la notion de compromis (compromis entre "le pouvoir économique et le pouvoir socialiste", compromis entre les "forces du changement et les forces de conservation"). L'adoption de cette notion marque le choix d'une transformation graduelle du système économique et de la société française.

Congrès de Bourg en Bresse: 28 au 30 octobre 1983

La motion Jospin obtient 77%, le CERES 18% et la motion Pichard-Lienemann 5%. Les débats portent sur la politique économique suivie par le gouvernement depuis 1982 et surtout depuis mars 1983 : continuité, inflexion ou rupture par rapport à 1981 et au projet socialiste rédigé en 1980 ? Le CERES se bat pour une « autre politique » alors qu'Alain Richard et ses amis tentent de théoriser le virage de la rigueur (« du bon usage de la rigueur »). Le débat se termine par une synthèse générale et le parti apporte son soutien résolu à la politique du gouvernement de Pierre Mauroy. A la fin du congrès, le Premier ministre annonce les lois sur l'enseignement privé et sur les concentrations dans la presse. Convention nationale d’Evry: 15 et 16 décembre 1984

Cette convention nationale a pour thème : la "modernisation et le progrès social". Un certain nombre de débats sont ouverts : l'aménagement du temps de travail, le financement de la sécurité sociale... ainsi est avancée l'idée d'asseoir un prélèvement sur tous les revenus pour financer la sécurité sociale,

Congrès de Toulouse: 11 au 13 octobre 1985

La motion Jospin obtient 71,5% des mandats et la motion Rocard 28,5%. Ce congrès débat de la modernisation théorique du parti et de l'évolution de la pratique gouvernementale du PS après 4 ans de gouvernement de la gauche et le départ du parti communiste de ce gouvernement en 1984. La majorité conduite par Lionel Jospin et la minorité conduite par Michel Rocard parviennent à une synthèse. Le parti soutient l'effort mené par la politique de rigueur et de modernisation du gouvernement dirigé par Laurent Fabius. C'est lors de ce congrès qu'est présentée et retenue l'idée d'un revenu minimum garanti.

Congrès de Lille : 3 au 5 avril 1987

Motion unanime rassemblant tous les courants. Le Parti rejette toute idée de dérive centriste. Les anciens premiers ministres, Laurent Fabius, Pierre Mauroy, et les anciens ministres Pierre Bérégovoy, Jack Lang, Edith Cresson, Henri Emmanuelli ainsi que Louis Mermaz reviennent au secrétariat national. L’idée d’un crédit-formation, offrant une deuxième chance aux exclus du système scolaire, figure dans la motion finale.

Convention nationale de Paris : 16 et 17 janvier 1988

Adoption du texte intitulé « propositions des socialistes » pour l’élection présidentielle qui recueille 90% des suffrages : après de longs débats sur l’opportunité de dissoudre l’assemblée nationale en cas de victoire du candidat de gauche à la présidence de la république, il est décidé d’en laisser l’appréciation de celui-ci.

DE 1988 A 1994: LE DEUXIEME SEPTENNAT

Congrès de Rennes : 15-18 Mars 1990

Pour la première fois depuis longtemps, toutes les sensibilités se présentent au suffrage des militants, alors qu’apparaissent de nouveaux courants issus de l’ancien axe majoritaire. Neuf contributions au départ débouchent sur sept motions : motion 1 (Jospin-Mauroy-Mermaz) 28,95%, motion 2 (Poperen) 7,2%, motion 3 (Rocard) 24,2%, motion 4 (Mélenchon) 1,35%, motion 5 (Fabius) 28,84%, motion 6 (Lienemann) 0,6%, motion 7 (Chevènement) 8,5%. L’absence de désaccord profond entre les principales motions sur la politique à mener et la conception actuelle du socialisme français met en évidence l’âpreté des enjeux du pouvoir et les tensions autour des choix de personnes. La nouvelle déclaration de principes, votée à l’unanimité, modernise dans le fond comme dans la forme la vision que les socialistes français se font du socialisme démocratique. Les modifications des statuts et du règlement intérieur (suppression du vote par mandat, scrutin secret lors du vote sur les motions) renforcent la démocratie dans le Parti. Elu premier secrétaire, Pierre Mauroy conserve son poste après une synthèse générale réalisée lors d’un comité directeur qui se réunit à Paris, dans la semaine qui suit le congrès.

Congrès de l’arche : 13-15 décembre 1991

Le congrès est entièrement consacré au projet socialiste. Il avait pour objectif d’effacer les divisions nées du congrès de Rennes en rassemblant les militants autour d’une remise idéologique qui tienne compte de l’expérience du pouvoir, des mutations de la société française, des bouleversements du monde après l’effondrement du communisme et la guerre du Golfe. La démarche proposée par le rapporteur, Michel Charzat, est originale et fructueuse. Après avoir auditionné des dizaines d’intellectuels, journalistes, artistes, acteurs de « la société civile »…une consultation associant militants et sympathisants débouche sur un texte qui est voté à la quasi-unanimité. Un droit d’option permet un débat très ouvert alors que des amendements alternatifs donnent l’occasion à une opposition de se compter (Jean-Pierre Chevènement : 11%, Julien Dray et Marie-Noëlle Lienemann : 6%). Dans les semaines qui suivent, Pierre Mauroy estimant sa mission accomplie après la réussite du congrès de l’arche, décide de quitter la direction du Parti. Il propose, au comité directeur, Laurent Fabius au poste de premier secrétaire.

Congrès de Bordeaux: 10-12juillet 1992

Congrès ordinaire du 10 juillet

La réforme des statuts "pour le renouveau du parti", préparée par Daniel Vaillant, a fait l'objet d'un consensus entre tous les courants.

Congrès extraordinaire des 11 et 12 Juillet

Débat sur le programme du Parti pour les législatives de mars 1993 et sur la stratégie. Le programme fait le choix de cinq grandes priorités :

  • L'emploi

  • La sécurité

  • La démocratie

  • Les libertés

  • La solidarité

et se prolonge par cinq "Repères" qui mettent en perspective des choix volontairement limités:

  • La citoyenneté élargie

  • L'économie mixte

  • Le nouvel ordre international

  • L'état garant

  • L'Europe

Les débats du congrès mettent l'accent sur le partage et une nouvelle organisation du travail. Le projet est ratifié par 85,30 % des votants, alors que le texte alternatif "La belle alliance" recueille 7,26 %. Le programme est conçu comme une base de discussion susceptible de se transformer en "contrat" avec d'autres forces, notamment les écologistes. La discussion en faveur du Oui au référendum sur l'Union européenne confirme la large adhésion des socialistes français aux accords de Maastricht.

Etats généraux des socialistes : Lyon, 2, 3, 4 juillet 1993

Après la défaite électorale de mars 1993, un débat élargi réunissant militants et sympathisants s'engage. La procédure adoptée pour ces états généraux est inédite : sans contributions préalables, les socialistes s'interrogent sur le bilan de leurs gouvernements, les raisons de l'échec et l'avenir du parti. Cinq commissions rapportent l'ensemble des réflexions :

  1. Parti – Identité

  2. Bilan

  3. Stratégie et alliances

  4. Europe - international

  5. Projet

Contrairement au congrès, tous les participants qui le souhaitent peuvent s'exprimer aux états généraux (soit plus de 400 interventions). Cette parole retrouvée et partagée scelle le succès des états généraux. Le PS confirme son caractère de parti de libres débats. Une opposition des amis de Louis Mermaz et de Jean Poperen s'exprime, mais le rapport final est adopté à une large majorité : 2 665 suffrages pour, 111 refus de vote, 29 abstentions et 5 voix contre. Le succès des états généraux des socialistes jette ainsi les bases de la reconquête pour le congrès d'octobre et pour les assises de la transformation sociale.

Congrès du Bourget : 22, 23, 24 octobre 1993

Dans la continuité des états généraux, trois motions sont soumises aux militants: La motion "Refonder" présentée par Michel Rocard et soutenue par Laurent Fabius, Lionel Jospin et Pierre Mauroy, qui proposent plusieurs options au vote des militants sur les principales orientations à définir (réduction du temps de travail, commerce international, institutions nationales et européennes, mode de scrutin). Elle obtient 87,27 % des voix. La motion B présentée par Jean Poperen obtient 11,14 % des voix. La motion C présentée par Roland Dumas et Louis Mermaz obtient 6,6% des voix. Forte réduction du temps de travail, redistribution des revenus, nouvelle donne européenne, invention d'une démocratie participative, rénovation et ouverture, ainsi se définit le projet du PS à la fin d'une année qui fut l'une des plus difficile depuis Epinay. Michel Rocard, nouveau Premier secrétaire -élu pour la première fois au scrutin majoritaire par les congressistes - obtient plus de 80 % des voix.

Congrès de Liévin : 18, 19, 20 novembre 1994

Deux motions sont soumises à la discussion et au vote des militants:

  • La motion , "Etre socialiste", présentée par Henri Emmanuelli, recueille 92,15 % des suffrages;

  • La motion, "Agir en socialistes", présentée par de jeunes militants, recueille 7,85 % des suffrages.

A l'issue du congrès, Henri Fmmanuelli est élu Premier secrétaire par les délégués au congrès et obtient plus de 87 % des voix.

LA RENOVATION DU PARTI AUTOUR DE LIONEL JOSPIN

Convention nationale : 5 février 1995

Après un vote direct et secret des militants, Lionel Jospin est désigné candidat du Parti à l'élection présidentielle.

Convention nationale : 14 octobre 1995

Cette convention engage une rénovation des idées et des structures du parti. Lionel Jospin est élu Premier secrétaire par l'ensemble des militants.

Convention nationale de L’Haye-les-Roses : 30-31 mars 1996

Cette convention définit les positions du parti sur la "mondialisation, l’Europe et la France". Le texte proposé par la direction est adopté par 93,22% des votes exprimés par les militants. Un amendement soutenu par la Gauche socialiste obtient 40,7% des voix qui s'étaient portées sur le texte.

Convention nationale de la Villette : 29 et 30 Juin 1996

La convention sur "Les acteurs de la Démocratie" s'interroge sur les moyens d'une participation plus importante et plus active des citoyens à l'exercice du pouvoir à tous les niveaux de la vie politique. Le texte, adopté par 93,2 % des voix (5,07 % d'abstention, 1,91 % contre) retient un ensemble de propositions visant à redonner le pouvoir aux citoyens et à garantir davantage leurs droits et libertés. L'accent est mis sur la reconnaissance de la parité homme-femme.

Convention nationale de Noisy-le-Grand : 14 et 15 décembre 1996

La Convention chargée d'élaborer les propositions économiques et sociales du Parti adopte avec 74,85 % des voix le texte proposé par la majorité du Conseil national "Pour l'emploi changer de politique". Le texte présenté contradictoirement par la Gauche socialiste obtient 16,22 % des voix, celui présenté par "Partage" obtient 21,92 et celui présenté par "Changer" 2,57 %. Se proposant d'agir pour la croissance, l'emploi et la justice sociale, le parti met l'accent sur une politique volontariste en faveur de l'emploi : création des emplois- jeunes, réduction du temps de travail. Il précise à cette occasion sa position sur l'avenir de l'Europe : favorables à la mise en place de l'euro, les socialistes refusent la conception purement monétariste dans laquelle s'est engagée l'Union. Ils proposent un pacte de solidarité et de croissance qui s'appuierait sur une véritable politique européenne de l'emploi et du progrès social.

Congrès de Brest: 21, 22, 23 novembre 1997

Au lendemain de la Victoire de la Gauche le 1er juin 1997, le congrès de Brest s'ouvre pour débattre, rénover, rassembler. Trois motions sont soumises aux militants:

    La motion A "Réussir ensemble" présentée par François Hollande et soutenue par l'ensemble des membres socialistes du Gouvernement et par Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Michel Rocard, anciens Premiers ministres et Premiers secrétaires, obtient 84,07 % des suffrages ;

    La motion B "Réussir à Gauche" présentée par Marie-Thérèse Mutin, obtient 5,43 % des voix

    La motion C "Etal&- d'urgence sociale : pour une autre cohérence" présentée par la Gauche socialiste obtient 10,21 % des voix.

Congrès de l'élan retrouvé par un Parti profondément renouvelé et rassemblé autour du Gouvernement de Lionel Jospin, le congrès de Brest efface le souvenir de l'échec du congrès de Rennes. La motion finale "Réussir ensemble" souligne le rôle de propositions et de soutien au Gouvernement pour prolonger les conditions de la victoire et approfondir les réformes engagées (Emploi, réduction du temps de travail, justice, immigration, démocratie ...).Elle insiste sur la rénovation engagée pour que les propositions des militants soient effectivement les propositions de tous, et annonce à cet effet les cinq thèmes de réflexion collective à venir:

  • L'Europe et la Nation

  • Le combat pour la solidarité

  • L'éducation et la culture dans  la société de l'information 

  • L'état et l'entreprise

  • Les Territoires.

François Hollande, qui a exercé la fonction de Premier secrétaire délégué depuis la nomination de Lionel Jospin à Matignon en juin  1997, est élu Premier secrétaire avec 91,18 % des voix des militants.

Congrès de Grenoble 24-25-26 novembre 2000

Le congrès de Grenoble se déroule en pleine apogée politique du gouvernement de Lionel Jospin. Et la plupart des sensibilités du parti cherchent à se rassembler autour du Premier Secrétaire, François Hollande, dans l'espoir de créer un second souffle pour la fin de la législature et dans la perspective des élections législatives et présidentielles de 2002. Henri Emmanuelli et les amis d'Alain Vidalies décident de déposer une motion concurrente (motion 3) ainsi que la Gauche Socialiste (motion 2) - sous la forme d'une nouvelle "7 jours dans la vie dattika". La motion présentée par François Hollande remportera 56 374 voix soit 72,94%, la motion 2, 10 266 voix soit 13,28%, et la motion 3, 10647 voix sait 13,78%. Sans véritable enjeu, ce congrès sera dominé avant tout par l'annonce de Lionel Jospin d'inverser le calendrier électoral du printemps 2002